11.12.2007 - 2007-11-12 MONTREAL: Bell Centre / The Police au Centre Bell : trois petits tours et puis s'en vont?
The Police au Centre Bell : trois petits tours et puis s'en vont?
'Get Up, Stand Up' de Bob Marley dans les haut-parleurs, le kit de percussion de Stewart Copeland qui sort du plancher de la scène, un coup de gong et Andy Summers qui balance le riff inoubliable de 'Message In A Bottle': le troisième spectacle de The Police à Montréal a commencé exactement comme le concert inaugural de la tournée, il y a presque six mois. Seule différence: c'était moins précipité et Sting peinait dans les aiguës.
La forme vocale du chanteur est un sujet de préoccupation dans le camp de The Police. Sting a souffert d'une infection à la gorge qui a forcé le groupe à annuler quatre concerts en Europe, le mois dernier. Hier, c'est l'annulation de quelques entrevues avec des journalistes montréalais et des défaillances vocales survenues lors de la balance de son qui ont soulevé des doutes quant à l'état de ses cordes vocales.
Elle n'était pas particulièrement limpide dans le morceau d'ouverture, donc. Sting a toutefois vite repris le dessus. Dès la chanson suivante, 'Walking On the Moon', il semblait plus à l'aise et même suffisamment confiant pour soutenir une note pendant plusieurs mesures sans défaillance. Il n'a plus la voix de ses 20 ans, comme le reste du spectacle allait se charger de le rappeler, ce qui ne veut pas dire qu'il n'a plus l'étoffe d'un bon chanteur de rock.
Presque six mois après le coup d'envoi de cette tournée de retrouvailles et d'adieu combinés, le spectacle présenté par The Police n'a pas tellement changé. Sur papier du moins. Sting, Stewart Copeland et Andy Summers interprètent les mêmes chansons soir après soir, avec de légères modifications ici et là. Sur scène, c'est une toute autre affaire.
The Police est beaucoup plus décontracté aujourd'hui qu'au mois de mai. Ce qui a de bons et de mauvais côtés. D'une part, les (rares) envolées instrumentales paraissent plus spontanées, même si elles ne sont pas toujours réussies. 'When the World Is Running Down' s'est d'ailleurs achevée dans une certaine confusion. D'autre part, on a parfois l'impression de voir un groupe sur le pilote automatique. C'était manifeste durant 'Don't Stand So Close to Me', moins lente et moins sensuelle qu'à Vancouver, mais toujours dépouillée de cette menace sourde qu'on décèle sur les vieux enregistrements.
Totalement à l'opposé, la version tentaculaire et percutante de 'Can't Stand Losing You' entendue hier démontrait clairement que Sting, Stewart Copeland et Andy Summers peuvent encore former une escouade de choc. Il demeure évident que c'est le batteur qui tient le groupe ensemble, mais le pâle Andy Summers a connu quelques bons moments. Il était par ailleurs intéressant de constater que chaque fois qu'une chanson connaissait un démarrage difficile ('Wrapped Around Your Finger' et 'Walking In My Footsteps', hier), le groupe se ressaisissait et livrait une finale éclatante.
Conclusion? Comparé au spectacle en dents de scie auquel on a assisté hier (des fans quittaient même l'enceinte avant d'avoir entendu 'Roxanne'), The Police était meilleur il y a six mois. Plus fébrile, plus affamé. Même si le niveau de leur jeu demeure élevé, il est clair que le groupe n'a plus le tranchant qu'il a déjà eu. Seul un mystère demeure: Sting, Stewart Copeland et Andy Summers résisteront-ils à la tentation d'un nouveau disque et, qui sait, d'une nouvelle tournée d'adieu?
© La Presse by Alexandre Vigneault